Parlons d’un sujet, on ne peut plus interessant: la VOITURE !!! Il ne faut pas oublier que nous avons débarqué au pays de Hyundai, Kya et ex-Daewoo, mais également Samsung (Eh oui, ils ne construisent pas que des téléphones et en plus c’est avec notre Renault national), alors je me suis que cela pourrait faire l’objet de mon 1er sujet. L’industrie automobile coréenne est un des piliers de l’économie coréenne, ce qui se traduit en chiffre par (i) 5ème pays producteur mondial et (ii) 13ème marché mondial (soit 1,6 million de véhicules vendus) en 2007. Alors ? On rigole moins…
Ici, à l’image du pays qui a su se faire remarquer sur la scène internationale sur ce sujet, la voiture est un message de réussite. C’est dire à quel point la voiture est choisie avec beaucoup de soins et sous le dictat de critères sociaux bien définis. Le parc automobile n’est pas très diversifié puisqu’il est plus que largement constitué de modèles coréens (les voitures importées étant à un prix décourageant) qui sont souvent très inspirés des modèles desdits importateurs… Ainsi, on trouve la fausse limo, la fausse merco, la fausse volvo, la fausse reno et parfois au milieu de tout ceci on arrive à tomber sur une vrai pigeo (là c’est sur, le conducteur a beaucoup, beaucoup d’argent). Bref… Le nom de la voiture est également porteur d’un vrai message social: grandeur ou chairman (berline) pour ceux qui ont réussi dans la vie; sonata ou magentis (familiale) pour ceux qui ont atteint la quarantaine sereine; santa fe ou sorento (4×4) pour ceux qui n’ont pas peur de l’aventure lorsqu’il s’agit d’escalader les trottoirs de la ville; et enfin amica ou picanto (mini) pour ceux qui sont jeunes et sympas (pas comme nous puisqu’on n’a pas ça). Nous, vu qu’on aime bien se la raconter, on a pris une fausse Porsche !!…oui enfin une vraie fausse voiture de sport avec 5 fausses places pour keke, à prix clio (pour ça, on remercie quand même la Corée). Re bref…
On choisit donc sa voiture en fonction de sa position sociale: si on est un patron, on a au moins un chauffeur et une voiture imitation limo ou merco. Cela est essentiel, car les coréens sont finalement assez attachés à l’image et une réussite professionnelle se comprend aussi par la voiture que l’on conduit. Cela n’est cependant pas très étonnant, on retrouve ce type de comportement dans tous les pays. Ce qui est beaucoup plus étonnant en Corée, c’est que le modèle de voiture dicte également la conduite: quand on roule en Grandeur, ca veut dire que l’on fait des trucs très importants dans la vie et donc c’est un passe droit pour couper toutes les priorités, forcer le passage, rouler à deux à l’heure sur l’autoroute sans sourciller, griller des feux rouges ou doubler par la droite. Attention, le conducteur coréen n’est pas un fangio de la route les cheveux au vent (hormis les conducteurs de bus qui sont payés au nombre de trajet alors je vous laisse imaginer), bien au contraire. La voiture c’est un peu ici comme un camion: ça doit briller comme un camion, ça roule lentement comme un 5 tonnes, ça laisse 100 mètres de distance de sécurité (car faut bien avoir le temps de freiner), ça roule au milieu pour être sûr de ne pas la rayer et ça prend les tournants au large…Ainsi, la plupart des accidents (il y en a quand même vu leur interprétation très personnelle du code la route) ont lieu à moins de dix kilomètres à l’heure et sont dus très souvent au comportement le plus classique du conducteur coréen »vas-y ni vu, ni connu, que je t’embrouille avec mon « forçage » de passage ».
Le code de la route justement parlons-en. Etant conductrice en Corée et déjà détentrice d’un permis de conduite étranger, j’ai du durement passer les tests qui m’autoriseraient à cramer le bitume de Séoul avec tous ses panneaux compliqués en alphabet inconnu et qui se sont en réalité résumés à un test médical d’aptitude. J’avoue qu’après la visite médicale, qui comprend 3 épreuves principales : (i) la vérification que vous pouvez vaguement lire, (ii) la vérification que vous pouvez vous accroupir et (iii) la vérification que vous pouvez plier la jambe, je me suis demandée si les voitures coréennes n’étaient pas équipées de sièges éjectables en cas de collision à 2 à l’heure, ce qui justifierait l’exercice du accroupi-debout-accroupi-debout. Re re bref…
Enfin et pour donner une vision complète du tableau, le conducteur coréen est un conducteur intelligent (à défaut d’être vif). Plus que l’Homme, mais aussi peut être plus que la Femme. Oui, oui, le conducteur coréen peut faire plus de deux choses à la fois: (i) conduire, (ii) regarder la télé sur son écran stéréo coller à son abitacle, (iii) téléphoner et (iv) se recoiffer. Forcément, ça laisse pas de main libre pour passer la 3ème vitesse…